Je n’ai cessé, depuis que le thème "réduire la dépense publique… via le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux" est accepté à la fois comme pensée unique majoritaire, comme programme d’action de l’exécutif, comme manière de diviser nos concitoyens pour régner en faisant peser sur des catégories considérées comme privilégiées le poids des déficits publics et en dressant implicitement les autres catégories contre ces dernières.
Deux remarques au passage.
D’abord que ces oppositions entre catégories socioprofessionnelles sont développées en même temps que, ô paradoxe, les citoyens demandent plus de protection sécuritaire, sanitaire, économique…
Ayant un lien d’ailleurs avec cette première remarque, la réduction du nombre de fonctionnaires d’État s’accompagne de recrutements de fonctionnaires territoriaux est relevée par tous les observateurs et critiquées par les politiques, à commencer par la majorité actuelle… du fait que pratiquement toutes les régions, la majorité des départements et plusieurs grandes agglomérations ont un exécutif… de gauche !...
D’ailleurs, à la fin du récent débat Hollande VS Juppé, ce dernier a cru bon de glisser cela comme une remarque aussi évidente que perfide, ajoutant « …des jardiniers même… ». J’ai regretté que François Hollande n’éclate pas de rire en rétorquant « Ah bon, il n’y a pas de jardiniers à la ville de Bordeaux ? Vous avez réduit le nombre de vos fonctionnaires ? Vous dégraissez vos services ? » Fermons cet l’apparté.
Revenons donc à ce coût de fonctionnement de l’État. En relevant un faux problème et une fausse solution.
Le faux problème est que l’abandon par l’État de certaines de ses missions « non strictement régaliennes » se fait par délégation de service public auprès de soumissionnaires privés. Moyennant finances (subventions, inscription à tel ou tel budget de prestations non étatisées…). Mais la dépense n’est alors plus inscrite au budget de fonctionnement de l’État. En termes d’écritures, de comptabilité publique et de délibération budgétaire au Parlement, l’État fait des économies. Mais, néanmoins, les aides financières constituent une dépense diminuant le PNB et les prestations des soumissionnaires sont de plus payées… par les usagers, les citoyens donc… grévant une part bien sûr de la « Croissance »…
La fausse solution est que, contrairement à ce que les électrices et électeurs croient, le non –remplacement partiel conduit à une élévation de l’âge moyen des fonctionnaires d’État et fait jouer au GVT (glissement vieillesse technicité), c'est-à-dire, aux augmentations à l’ancienneté, une part de plus en plus prépondérante dans le coût salarial de la Fonction publique d’État. Ce à quoi s’ajoutent les coûts des pensions civiles qui ne sont pas affectées par ces réductions d’effectifs.
Ce que j’ai régulièrement répété ici est que le coût de fonctionnement de l’État est bien plus global que ce que nos politiques (et même de gauche) veulent bien en dire.
Toutes les superstructures de l’État sont concernées, de l’avion présidentiel aux carburants des voitures de fonction, des cabinets ministériels aux assemblées parlementaires, des indemnités, fonds, réserves… et autres masse, et à leurs pensions de retraite, des (très nombreux) représentants du peuple et des collectivités territoriales, des conseils et comités Théodule (c’est Mongénéral, je crois, qui avait ainsi baptisé commissions, groupes de travail plus ou moins permanents, agences, etc…), de la mobilisation policière et administrative liée aux déplacements intérieurs du Chef de l’État, du Chef du gouvernement, des ministres, du salaire et des indemnités des éminences de la République aux frais de bouche des (ou de cigares !...) du moindre Secrétariat d’État, etc, etc, ETC !
Poujadisme ? Populisme ? Peut-être. Voire…
Allez, tiens, ce dimanche, Sud-Ouest publie ceci :
06h00 | Mis à jour 09h18 Par Dominique De Laage (RÉDACTION PARISIENNE) |
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Salaires : "des augmentations faramineuses" dans les ministères
En 2008, René Dosière avait poussé Nicolas Sarkozy à rendre plus transparent le budget de l'Élysée. Aujourd'hui, le député PS s'attaque aux ministères, beaucoup trop dépensiers
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Après l'Élysée, le député socialiste René Dosière a épluché le train de vie des ministères.(Photo AFP J. Demarthon)
Il y a dix ans, le député PS de l'Aisne René Dosière s'attelle à la question de « l'argent de l'Élysée ». Il a été alerté par un rapport de la Cour des comptes. En 2007, il publie un premier livre, « L'Argent caché de l'Élysée », dont l'impact se prolonge par un deuxième opus, « L'Argent de l'État », la semaine prochaine (1). Le « parlementarisme d'investigation » du député Dosière s'est élargi au train de vie des ministres et du Premier d'entre eux. En dix ans, il a adressé 608 questions écrites sur ces thèmes au gouvernement. Et obtenu 489 réponses.
Le constat est le même que pour l'Élysée : « Alors qu'on demande aux Français de se serrer la ceinture, les cabinets ministériels s'offrent des augmentations faramineuses. Le gouvernement ne connaît pas la crise », écrit René Dosière dans son chapitre consacré au « maquis des cabinets ministériels ».
58 000 euros la minute
Sa démonstration a plus d'un mérite. Pédagogue, Dosière s'adresse à tout le monde en partant de choses concrètes, les voitures, les déplacements en avion, les frais de bouche… Les chiffres sont précis, crus, nombreux. Il nous rappelle par exemple que l'organisation de la conférence internationale lançant l'Union pour la Méditerranée, au Grand Palais, en 2008, avait coûté 16,6 millions d'euros pour trois heures : 58 000 euros la minute ! Ou le bilan carbone du président Sarkozy, évalué par Terra Economica équivalant à celui de 1 000 Français ordinaires !
Pourtant, la démarche n'a rien de populiste. Au contraire, René Dosière a concrètement fait évoluer la donne par le haut. Avec le « concours » du président de la République actuel, qui a fait siennes les trois propositions du premier livre de René Dosière, « L'Argent caché de l'Élysée ». À la propre surprise du député.
Le chef de l'État a tout d'abord doté l'Élysée d'un budget global de fonctionnement, mettant fin à un chaos indescriptible. Jusqu'alors, l'Élysée ponctionnait à l'envi une quinzaine de ministères autour de lui. Dans la plus grande opacité. L'on sait désormais que l'Élysée fonctionne avec un budget de 115 millions d'euros. Et le personnel d'une ville de 40 000 habitants.
Le silence de la présidentielle
Nicolas Sarkozy ne s'est pas arrêté là. Désormais, la Cour des comptes contrôle annuellement le budget de l'Élysée. Enfin, le chef de l'État fixe devant l'Assemblée sa rémunération. Un geste fort, dont l'opinion n'a retenu que le plus discutable : l'augmentation de 173 % net de son traitement que s'est octroyée d'un coup le président de la République. « C'est le côté bravache de Nicolas Sarkozy. Quand il a décidé cela, il était dans sa logique de rupture. Il est allé au bout. Je ne suis pas sûr qu'il ne le regrette pas aujourd'hui », constate René Dosière.
Depuis quelques mois, en effet, le pouvoir répugne à répondre à ses incessantes questions écrites. La présidentielle est proche. « J'ai quand même appris depuis la mise sous presse de mon livre que les plus gros salaires au cabinet de la Défense avaient encore augmenté de 24 % en 2011, et ceux du ministère des Affaires européennes, de 55 % (2). La logique continue… »
La « salle des machines »
Car les chiffres parlent. Et racontent le bilan de Nicolas Sarkozy d'une autre façon. Plus clinique. Moins passionnelle. En somme, nouvelle. On y voit tout. Son énergie, sa démesure, ses caprices, sa modernité, ses changements de cap, son recours massif à la communication…
L'on comprend aussi comment François Fillon a résisté au tsunami quotidien venu de l'Élysée. Matignon est une forteresse qui dispose d'un budget trois fois supérieur à celui de l'Élysée (365 milions d'euros) et de deux fois plus de personnel. Nicolas Sarkozy a eu beau chiper la résidence du Premier ministre et s'arroger la décision, il n'a pas pu affaiblir la « salle des machines » qu'est Matignon.
L'exécutif français vit dans une bulle. Où l'argent continue de couler à flots. Les rythmes de travail sont infernaux, les parcours individuels coupés de la réalité du pays. « Un État plus modeste mais plus fort car plus proche des Français » : voilà pour quoi plaide René Dosière.
(1) Le livre de René Dosière paraît jeudi 2 février. « L'Argent de l'État. Un député mène l'enquête », éd. du Seuil, 285 p., 19,50 €. (2) Il est vrai que ce ministère n'était qu'un secrétariat d'État avant le dernier remaniement.
- politique · Nicolas Sarkozy · François Fillon · Présidentielle 2012
Face à… "l’arrogance" du candidat PS-PRG (F. Hollande), l’arrogante puissance étatique et audio-visuelle du « pas (encore) candidat », maltraité par les sondés, sera mise en branle.
Éléments de langage, montée au créneau de ténors, feu de tout bois et –surtout- intervention du non candidat sur cinq chaînes de télévision (rien que ça ? quelle… arrogance ! ou alors… quelle trouille !...).
Il est vrai que, jeudi, ce n’était pas facile pour A. Juppé de « défendre » avec conviction certains éléments du bilan de N. Sarkozy qu’il avait abondamment critiqués dans son blog avant de revenir au gouvernement…
Bon, le « pas (encore) candidat », moins bling-bling et moins zébulonnant que par le passé, va nous annoncer des tas de mesures qui n’ont pas été prises durant ces presque cinq années et tenter de commencer à faire de la social-démocratie (nouvelle rupture ? une de plus) afin de vider de sens certaines des propositions de la gauche, de F. Hollande plus particulièrement.
Cinq chaînes de télévision : "hep, Copé, Fillon et autres hiérarques uhèmepistes vous ne croyez pas que les Françaises et les Français ne seront pas dupes ? ni… choqués ? "
En tout cas une telle puissance de feu mise en batterie montre à quel point le camp majoritaire est inquiet.
Et, à suivre, en supplément : « L’UMP sonne la mobilisation générale » (lexpress.fr, samedi) :
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/l-ump-sonne-la-mobilisation-generale_1076459.html?xtor=EPR-181-[XPR_Quotidienne]-20120128--4503715@195266660-20120128152301
Quant au dilemme... éventuel disons-le, voici ce qu'il en est
Le site « mesopinions.com » proposait jeudi matin un sondage « oui-non » (et NSP tout de même) concernant le souhait de voir Nicolas Sarkozy se représenter ou non. Au bout de 10 000 « votes », le site enverra les réponses aux différents responsables politiques.
Je n’ai pas voté (pas encore en tout cas) et je m’en explique plus bas. Et donc ne suis pas retourné sur le site et n’en connais pas les actuels résultats. En fait, voici mon interrogation le jour même :
Comment répondre ? Il n’y a aucune nuance ni aucune explication de vote (de choix)…
Répondre, c’est déjà s’identifier comme électeur potentiel de la droite. Oui : si je suis opposant… la question ne se pose pas et ne me concerne pas car je veux un (ou une) président(e) issu(e) de l’opposition, présentant un autre projet que la poursuite de cette gestion erratique et affaiblissant classes populaires et classes moyennes pour protéger une minorité de nantis…
Mais, admettons que je réponde, que je vote.
Ainsi, si je veux aller dans le catastrophisme, faire monter les chances d’avoir enfin un candidat de gauche élu en mai prochain… mais en prenant le risque de faire monter le vote FN : je vote OUI, je souhaite la candidature de Sarkozy, le meilleur épouvantail, le repoussoir d’une large majorité populaire.
Effacés les Juppé et Fillon, éventuels recours d’une majorité qui s’interroge, marginalisé Bayrou qu’un Morin mordille pour le compte –objectivement parlant- de cette majorité.
Mais, si je souhaite qu’enfin revienne sur le devant de la scène une droite moins accro à l’hyperlibéralisme, plus humaniste, moins politique spectacle et pipolisable, c'est-à-dire donner ses chances à François Bayrou et à celles et ceux qui sauront alors, à droite, faire le bon choix et faire oublier à la fois la récente gestion catastrophique et surtout l’hyperprésidentialisation, brouillonne, agressive, avec toute sa partie « pipole » et bling-bling accrochée à son histoire, alors je ne souhaite pas la candidature de Sarkozy, je pousse à ce que ces messieurs-dames, tellement inquiets (les législatives suivront… ne l’oublions pas) disent à leur (ex) champion « casse-toi ! », nous avons des ressources nous, déjà Fillon ou Juppé, mais surtout Bayrou qui évitera une guerre Fillon VS Juppé dommageable pour cette UMP qui voudrait survivre au zébulonisme neuilléen. Accident de l’Histoire qui aura duré cinq ans… mais fait des dégâts dans la société française et abîmé la République, Une, Laïque, Juste et Fraternelle.
Résumons !
Pour être certain d’obtenir son départ, il faut utiliser l’effet repoussoir, amplifier le rejet, en votant « oui, je veux qu’il se représente ». Le risque : une montée des extrêmes, une surreprésentation du lepénisme.
Pour favoriser une candidature de droite républicaine et humaniste, il faut voter « non, je n’en veux plus ». Le risque : c’est que ça marche au point que la gauche ne passe pas (genre 48/52 au second tour…)
Ne pas voter, c’est ne pas se compromettre ; mais c’est laisser faire ceux qui se mobilisent sur ce vote pour rejeter Sarkozy.
Or il faut l’effet repoussoir, donc voter « je veux Sarkozy ».
Mais…ça, ça m’est impossible tant Zébulon –même représidentialisé et calmé- m’a choqué, foutu les boules ; tant il lui est arrivé de me faire honte ; tant il est loin du rôle de rassembleur et de gardien de l’unité républicaine.
J’en suis là. Vais-je retourner sur ce site ? Ne serait-ce que voir les résultats ?
Samedi 28 janvier 2012, 16H55 :
J'ai "voté" pour avoir le droit aux résultats, ce qui donne :
Vous êtes ici : - Présidentielle 2012: Souhaitez-vous la candidature de Nicolas Sarkozy ?
RÉSULTATS DU SONDAGE
Présidentielle 2012: Souhaitez-vous la candidature de Nicolas Sarkozy ?
17240 participants
Qui a accru "la dette", qui a creusé les déficits publics ? Pour la deuxième question, facile : les exécutifs successifs, aidés en cela par la charge croissante de la dette souveraine.
Pour la première question, sont-ce plutôt Mitterrand-Delors que Giscard-Barre, Balladur-Sarkozy que Beregovoy-Sapin, Sarko-Lagarde que... que... et que... ? Ou n'est-ce pas déjà le mécanisme de l'emprunt public aux banques privées, avec des taux croissants tels que le remboursement des intérêts accroit plus le déficit que le montant de la dette elle-même ?
La loi de 1973 "loi Pompidou-Giscard" a interdit à la France d'emprunter directement à sa banque centrale. Ensuite, c'est l'Europe qui a interdit aux États-membres d'emprunter à leurs banques centrales, puis aux États de la Zone Euro d'emprunter à la BCE.
Celle-ci prête à bas taux aux banques privées. C'est auprès de ces dernières que les États empruntent en rémunérant bien évidemment toute la chaîne financière.
Le monde de la finance, tel que stigmatisé par le candidat Hollande, c'est cette nébuleuse des "marchés" financiers, des banques d'investissements, des spéculateurs, des paradis fiscaux, des "hedge funds", des agences de notation... C'est ce système qui dévore le produit de la croissance quand il y a croissance, comme l'a clamé un soir Jean-Luc Mélenchon sur France 2 : les prédateurs.
La dette, le déficit public, quelques minutes de pédagogie :
http://www.youtube.com/watch?v=ZE8xBzcLYRs
Et un petit revenez-y... de bon sens :
http://www.youtube.com/watch?v=ZsjQzZ-fSmg&feature=re...
La crise du crédit : subprimes et faillites bancaires :
http://www.youtube.com/watch?v=PFqHYLsJZ5Y&NR=1&f...
La crise financière expliquée aux nuls (doc.américain) :
http://www.youtube.com/watch?feature=endscreen&v=3i9s...
Et puis un moment pour se faire un peu plaisir : Jean-Luc Mélenchon et une solution simple (les États-membres de la Zone Euro empruntent enfin à la banque centrale européenne BCE) ; Nicolas Dupont-Aignan une autre solution simple, au même résulat (abrogation de la loi de 1973[*] Pompidou-Giscard interdisant à la France d'emprunter à sa banque centrale)
[*] et par conséquent renégociation européenne avec abrogation de l'article 123 du Traité de Lisbonne.
http://www.youtube.com/watch?v=sEfsG39cedA&feature=re...
http://www.youtube.com/watch?feature=endscreen&NR=1&a...
Voici que ce jeudi on nous annonce François Hollande à la télévision (pas sur toutes les chaînes à la fois, ça c'est réservé au non encore candidat bien en campagne et qui est le chef des télés publiques et le pote des télés privées). Je ne pense pas que nous le regardions car il y a La Grande Librairie sur France 4 (ou 5).
Mais l'annonce d'un débat avec Alain Juppé me fait craindre que "l'effet Bourget" s'estompe. A un blogueur, André Sillam, qui abordait le sujet sur un autre site, j'ai hier en fin d'après-midi glissé le commentaire qui suit et qui résume ce que je pense.
Car, n'étant pas face à un candidat, n'étant donc pas face à un "défendeur" de programme, Hollande sera acculé à la défense de son programme à lui. Et pas devant un zozo du gouvernement ou de l'UMP...
" Je serais assez enclin à vous suivre et partager votre point de vue.
Juppé est une très belle machine intellectuelle et il est inspecteur des Finances ; il est en charge d'un ministère important ; il a été premier ministre ; il peut être un recours pour la droite et, sans l'avouer, le pense en se rasant chaque matin...
Tout en n'étant pas, comme l'est son vis-à-vis dans ce débat, candidat déclaré, donc n'ayant pas lui-même à défendre un (son) programme..."
Un éminent agrégé de géographie historique, trouvant la période plutôt morose, avec ses vœux m'a adressé deux petites histoires, d'aucuns diraient des blagounettes, que nous dirons symptômatiques de notre monde de performances.
C'est l'une d'elle que je répercute ici , meublant ne fois de plus l'écran de ce blog d'un post plutôt insipide, on a la vaquattitude qu'on peut, sinon la vacuité...
Un président de société reçoit en cadeau un billet d’entrée pour une représentation de la Symphonie inachevée de Schubert. Ne pouvant s’y rendre, il passe l’invitation à son Directeur des Ressources Humaines. Seule condition, que le DRH lui fasse un mémo sur la qualité du concert.
Le lendemain matin, le président trouve sur son bureau le rapport de son DRH, bien connu par ailleurs pour son efficacité.
Monsieur le Président,
J’ai eu l’honneur d’assister hier au soir au concert du dénommé Schubert, comme vous m’y aviez invité. Après une étude attentive du dossier, je tiens à vous faire part des remarques suivantes :
1. Les quatre joueurs de hautbois demeurent inactifs pendant des périodes considérables. Il convient donc de réduire leur nombre et de répartir leur travail sur l’ensemble de la symphonie, de manière à réduire les plages d’inactivité.
2. Les douze violons jouent tous des notes identiques. Cette duplication excessive semblant inutile, il serait bon de réduire de manière drastique l’effectif de cette section de l’orchestre. Si l’on doit produire un son de volume élevé, il serait possible de l’obtenir par le biais d’un amplificateur électronique.
3. L’orchestre consacre des efforts considérables à la production de triples croches. Il semble que cela constitue un raffinement excessif. Je recommande donc d’arrondir toutes les notes à la double croche la plus proche. En procédant de la sorte, il devrait être possible d’utiliser des stagiaires ou des intérimaires moins qualifiés, donc de réduire le coût salarial de la production.
4. La répétition par les cors du passage déjà exécuté par les cordes ne présente aucune nécessité. Si tous les passages redondants de ce type étaient éliminés, il serait possible de réduire la durée du concert de deux heures à vingt minutes.
C’est pourquoi, nous pouvons conclure, Monsieur le Président, que si le sieur Schubert avait prêté un peu plus d’attention à ce qu’il faisait, il aurait été en mesure d’achever sa symphonie.
Sujet délicat à divers titres. D’autant plus délicat que, on l’a vu avec les réactions d’exaspération mais aussi d’exagération du Premier Ministre turc, il est assez facile de nous rappeler un passé colonial, certainement pas génocidaire, mais qui fut marqué tout de même par des soubresauts de « maintien de l’ordre » dont certains ont confiné au massacre (ce blog a longuement rappelé Sétif-Guelma et le 8 mai 45 dans l’est algérien).
Délicat car il touche à l’interprétation politique et législative de l’Histoire : pourquoi pas à son écriture ou sa réécriture ? Nous reprochons facilement à tel pays ou à tel peuple d’imposer par les livres et l’enseignement de l’Histoire une Histoire tronquée, arrangée, en fait une sorte d’Histoire « officielle ». Or passer par la voie législative pour définir ce qu’il ne faut pas écrire, ou pas dire… sous peine de sanction, revient à définir ce qu’il faut écrire, ce qu’il faut dire, en somme… une Histoire « officielle ».
Délicat encore car, dans le cas de ce génocide, c’est de l’Histoire d’une autre Nation dont il s’agit, c’est de l’Histoire d’au moins deux peuples (sinon trois si l’on pense en même temps aux Kurdes) qui ne sont pas des peuples de notre périmètre national.
Délicat encore, et c’est plus général aux lois dites « mémorielles », lorsque le chercheur, l’enseignant, prend le risque de la sanction parce qu’il pose la question ou lorsqu’il la pose (celle de la traite transatlantique des esclaves africains, celle de la « solution finale » des nazis, celle –ici- du génocide des Arméniens…). Si poser la question, ne serait-ce qu’en tête de chapitre d’une thèse ou d’un ouvrage, peut sembler à une association, à un groupe ethnique ou religieux, à des citoyens en mal de juridisme, suggérer qu’il y a peut être doute, voire tentative de réfutation, alors la science historique risque en permanence la constitution de plainte et la comparution en justice…
Et puis, en 2001 une loi a été votée, une loi mémorielle justement, de reconnaissance de ce génocide. Elle donnait corps à la motivation de sanctions possibles déjà passées dans certaines jurisprudences depuis 1995. Inutile donc d’en rajouter par une nouvelle loi.
Laquelle, franchement, est mal venue actuellement. Nous créons un contentieux inutile avec la Turquie ; nous repoussons encore plus la Turquie vers le monde arabo-musulman alors que l’Europe en faisait une interface, en partie « européenne », avec ce monde arabo-musulman.
Pour quel bénéfice (électoral) ? D’autant que c’est un secret de polichinelle que ce n’est pas la députée auteure de la proposition de loi qui en a pris l’initiative mais bien l’Élysée qui a souhaité cette phase législative.
J’ai trouvé à mon courriel la lettre du sénateur de la Gironde, Alain Anziani. J’ai quelques raisons de ne pas toujours être d’accord avec cet ancien responsable d’appareil, devenu sénateur en 2008.
Il se trouve pourtant que sur cette affaire sa position me convient. Voici son texte :
GENOCIDE ARMENIEN : LA SOUFFRANCE ET LA LOI
Le lundi 23 janvier, le Sénat sera confronté à l’un de ces rares débats qui divisent le Parlement, non en fonction des groupes politiques, mais des sensibilités, philosophies, trajets personnels : faut-il qu’une loi réprime la contestation du génocide arménien de 1915 ?
Un siècle après les faits, cette discussion mêle les sentiments, la souffrance, le droit, l’histoire, dans notre pays qui n’a été ni impliqué, ni témoin de ce drame.
Il me paraît acquis que les « Jeunes Turcs » ont fait preuve d’une extrême violence contre le peuple arménien, coupable de réclamer son autonomie en pleine guerre avec la Russie. Il est admis que les 2/3 des Arméniens vivant dans l’Empire ottoman ont disparu après avoir été déportés, battus, parfois torturés, sans exception pour les femmes, mêmes enceintes, les enfants, les vieillards.
Le génocide arménien est reconnu par la France depuis la loi du 29 janvier 2001. Dés 1995, sa contestation a donné lieu à condamnation à des dommages et intérêts de l’historien américain Bernard Lewis, fondée sur les principes généraux de la responsabilité civile.
Qu’apporte donc le nouveau texte ? Il crée une sanction pénale spécifique qui punit d’un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende ceux qui contestent ou minimisent, de façon outrancière, un génocide reconnu par la loi. Ces peines sont celles prévues en cas de négation de la Shoah ou de tout crime contre l’humanité par la loi dite Gayssot du 13 juillet 1990.
Nous pouvons échanger de nombreux arguments. Pour les uns, le texte adopté par l’Assemblée nationale ne serait qu’une transposition d’une décision-cadre européenne de 2008 … Ce que je pense inexact. Pour les autres, les Turcs ne peuvent accepter ce que nous-mêmes refuserions si le Bundestag ou le Sénat américain qualifiaient de génocide les exactions commises par la France en Algérie dans les années 60… Beaucoup s’interrogent sur les conséquences d’un tel texte sur les rapports franco-turcs ou l’indispensable normalisation des relations turco-arméniennes engagée depuis quelques années.
Je préfère aller au fond du débat. A-t-on donc besoin de cette nouvelle loi, et plus généralement quels sont les risques de ces lois mémorielles ? Des propositions de loi ont été déposées pour reconnaître le génocide des Tziganes, le génocide ukrainien de 1933 ou celui de Vendée de 1793. D’autres pourraient concerner les Tutsis, les Amérindiens, les Cambodgiens…
L’émotion, la souffrance, la révolte devant l’injustice ne doivent pas nous faire oublier les règles de droit que nous nous sommes données et qui scellent la légalité dans notre nation. Au nom du respect des droits fondamentaux des personnes, nous ne pouvons ignorer les principes qui en sont l’un des piliers et en particulier la séparation des pouvoirs. Comme le rappelle Robert Badinter, notre Constitution ne permet pas au Parlement de prendre des décisions qui relèvent des autorités judiciaires. Voilà bien toute la difficulté juridique : les crimes dont les Arméniens ont été victimes n’ont jamais donné lieu à la qualification de génocide par une juridiction internationale. Voici la différence avec la Shoah, reconnue dés 1945 par le Tribunal international de Nuremberg.
Bien sûr, nous pouvons hausser les épaules et dire qu’il ne s’agit que d’arguties de juriste. Oui, mais alors, sans le vouloir, nous nous comporterions comme ceux qui refusent de se soumettre à de grands principes pour s’arroger tous les pouvoirs, y compris celui de juger l’histoire.
Qui ne voit le risque d’ériger le Parlement en tribunal de l’Histoire ? Le collectif d’historiens présidé par Pierre Nora récuse cette Histoire officielle qui empêcherait de poursuivre une recherche, consistant non pas à nier un génocide, mais à en préciser l’ampleur, les conséquences, les causes.
Mais surtout, ces lois mémorielles nous engagent dans une voie remplie d’ambiguïtés. Si le Parlement peut dire la vérité historique, alors cette dernière variera selon les pays, les périodes, les majorités politiques, les calculs grands ou petits… Tel est le paradoxe du texte qui nous est proposé. Pour combattre la vérité historique concoctée par le pouvoir politique turc, il sollicite l’émergence d’une vérité différente produite par un autre pouvoir politique. Et sans s’en apercevoir, il légitime cette idée d’un pouvoir, maître absolu, compétent pour écrire ou réécrire l’Histoire. Cette thèse qui soumet le fait historique aux aléas du plus fort, nous ne pouvons que la combattre sauf à admettre qu’un régime impose sa vision du passé ou de l’avenir.
Soyons net : refuser cette loi pénale ne revient en aucune façon à nier le génocide arménien, à valider la position de la Turquie ou à ne pas prendre en compte la douleur de la communauté arménienne. D’autres voies existent pour affirmer notre solidarité. Si aucun autre pays que la France n’a recouru à la loi, une quinzaine de Parlements ont adopté des résolutions reconnaissant l’existence du génocide de 1915. Quant au Parlement européen, il a lui, dès le 18 juin 1987, mis comme condition à l’entrée de la Turquie sa reconnaissance préalable du génocide arménien et son acceptation des minorités.
Le propre d’une démocratie consiste à respecter sa légalité et en premier lieu le principe de la séparation des pouvoirs. Et à ne jamais laisser croire que le pouvoir politique peut décider de tout, y compris de l’Histoire.
Nous sommes le 14 janvier 2012 (note retard !!!)
Depuis hier l'annonce de la confirmation du retrait du 3ème A de la "note" de la France (sous-entendu... de l'entreprise emprunteuse France) par l' "agence de notation" S and P occupe les media à commencer par les radios en fin d'après-midi, pour poursuivre par les JT, aboutir à un bouquet d'éditoriaux matutinaux dans la presse quotidienne et entraîner moult commentaires "au poste"...
De la revue de presse entendue ce matin sur France-Inter, j'ai tout de même noté que Nicolas Demorand posait dans Libération la question de la "légitimité" de ces officines.
De ces officines, ajouterai-je, qui se mêlent des finances des États souverains (souveraineté éventuellement mutualisée lorsqu'une monnaie unique a été instituée) et ne se soucient guère de spéculation sur la contribution des peuples, via la fiscalité, via... les plans d'austérité, via l'enrichissement de leurs mandataires... Lesquelles sont les banques, celles-là même que les contribuables de différents pays ont remises à flot il y a un peu plus de trois ans... et qui ont toujours des emprunts malades en circulation, les subprimes n'ont pas été résorbées d'un coup de baguette magique. Celles-là dont il était promis par rodomontades et discours volontariste que "ah mais, on va les mettre au pas, z'allez voir ! et on va se débarrasser des paradis fiscaux, z'allez voir !" je n'en dis pas plus, l'exprimer me met déjà en rogne !!!...
Il est donc de bon ton que les politiques en parlent, commentent... Pour la plupart en ciblant la politique économique et fiscale actuelle du Pouvoir (désastreuse on le sait, revoir le précédent post... datant de la fin de l'été 2007), pour l'approuver et faire allégeance au candidat-président sortant, ou pour au contraire stigmatiser sa politique et le mettre face à ses échecs.
Oui mais... Échecs dont les pouvoirs précédents, même de gauche, ne peuvent totalement s'exonérer. Même malgré les redressements de la période Jospin, appuyés sur une conjoncture un peu plus favorable que son gouvernement a su accompagner.
Aussi, voudrais-je donner ici deux réactions de leaders politiques de gauche, plus exactement de la gauche socialiste puis qu'il s'agit de Martine Aubry (Première Secrataire du PS) et de Ségolène Royal (ancienne candidate et Présidente du CR de Poitou-Charentes), telles que rapportées par le quotidien Sud-Ouest.
Martine Aubry : "Cette perte du triple A sanctionne la politique suivie depuis 2007. M. Sarkozy restera le président de la dégradation de la France"
Ségolène Royal : "Je demande d'urgence une réforme du système bancaire. [...] Tant que les banques commanderont au lieu d'obéir, l'économie française se dégradera."
La constante, à travers ces deux extraits est "la dégradation".
De quoi ? De la France... et là, sémantiquement parlant, on donne du grain à moudre au catastrophisme, au repli sur le vote à l'extrême, et on permet à la majorité, du moins aux inconditionnels et aux affidés de N. Sarkozy, de trouver les arguments permettant de stigmatiser l'opposition de gauche, en tout cas socialiste. Ces paroles exonèrent à la limite et le secteur bancaire et celles et ceux qui "dégradent", c'est à dire ces officines chargées, au départ, d'un tout autre travail d'analyse financière.
De l'économie française ? C'est déjà beaucoup plus responsable et mûri. Mais, surtout, avant de sanctionner la politique française pour elle-même, ce constat réattribue les vraies responsabilités aux secteurs qui tout à la fois prêtent, spéculent, appellent les États au secours lorsque la crise (par exemple des subprimes) menace leur existence, spéculent de nouveau y compris contre les États et les peuples et favorisent leur propre enrichissement en rétribuant des officines qui... dégradent.
Deux approches, deux critiques... La seconde (ce blog en été 2008, discours de Parempuyre de Ségolène Royal, et plus récemment, à Parempuyre encore, durant les "primaires citoyennes", trouve là une justification de ses choix partisans en 2006-2007 et récemment en 2011) est responsable et réaliste.
Les analystes financiers et traders... gens qui ne seront jamais soumis au suffrage universel, gens qui ne sont certainement pas smicards... au-dessus des constitutions, au-dessus des lois de souveraineté politique, n'ont pas à faire la loi mais à s'y soumettre. Évidemment, le sarkozysme, ne serait-ce que par ses toutes premières mesures fiscales a montré que limiter les ressources de l'État (les rentrées fiscales donc budgétaires) plombait le déficit public, ce que le non-remplacement de je ne sais plus combien de dizaines de milliers fonctionnaires en cinq ans et autres économies n'ont pas pu compenser. Il est vrai que les dépenses de l'État, au plus haut niveau de ses superstructures n'ont pas diminué... bien au contraire !
Addendum du 18 janvier.
Bien qu'abordant clairement le problème de la finance et des banques, les premières réactions de François Hollande, bille en tête contre la politique menée par Nicolas Sarkozy, ne m'ont pas satisfait. J'ai souhaité... le coup de fil de Ségolène Royal lui disant "hey, c'est d'abord un système qu'on a accepté, c'est une impuissance de la zone Euro et de la BCE liée aux traités européens, c'est la légitimité de ces officines dites agences de notation, payées par les banques, qu'il faut d'abord mettre en cause. Ensuite montrer comment Sarkozy a d'emblée appauvri les recettes de Bercy avec l'abaissement du bouclier fiscal, creusant le déficit public... "
De son côté, Jean-Luc Mélenchon a, lui aussi, de premier jet, ciblé sarkozy et sa désastreuse politique économique et fiscale mais s'est vite repris pour bien décortiquer cette question lors du meeting de nantes.
Nous sommes le 13 janvier 2012 (note retard !!!)
Une remontée d'archives... permet de retrouver des choses intéressantes... Voici deux notes qui datent... mais qui restent d'actualité... in fine.
L'une concerne une petite variation sur le prix du pain. Lequel n'a jamais diminué... quelques soient les fluctuations du prix des composants et du travail, TVA comprise, "sociale" ou non.
L'autre est sur le déficit public (eh oui : on en parlait déjà... car déjà la politique de cadeaux fiscaux amoindrissait les recettes de Bercy, ce qui ne pouvait que retentir sur le montant de la dette souveraine de la France).
04.09.2007
En 1992 le prix du pain n'avait pas diminué pour autant…
J'ai donc entendu, en roulant, sur France-Inter lundi 3 (émission Service Public), un débat entre Luc Chatel, Secrétaire d'État à la consommation, et les représentants de trois associations de consommateurs (Alain Bazot de l'UFC – Que choisir ? Christian Huard de Conso-France et Reine-Claude Madère de la CLCV).
D'entrée de jeu Isabelle Giordano, l'animatrice, avait posé la question " le pouvoir d'achat va-t-il devenir un enjeu pour la rentrée ?". Luc Chatel était donc dans le bain, compte tenu d'une croissance faible, des difficultés des Français (logement, renchérissement des prix des produits alimentaires…) alors que le Pouvoir dans le même temps avantage les catégories les plus aisées notamment avec le paquet fiscal comme nous le savons…
Ce fut instructif, fort intéressant et… frustrant pour l'automobiliste que j'étais et qui aurait aimé mettre son grain de sel par téléphone ou internet interposé. Trois point m'ont en particulier fait réagir.
Le premier, autour du "prix de la baguette", indice emblématique, indice quasi-mythique, indice incrusté dans notre histoire (La boulangère et le petit mitron, prémisses de la Révolution française).
La "nouvelle PAC", mise en application en 1992 conduisit d'une campagne sur l'autre à une très forte diminution du prix du blé que durent encaisser (décaisser plutôt ?) les agriculteurs. Si ma mémoire est bonne, le blé panifiable était vendu entre 120 et 130 Francs le quintal (1,20 à 1,30 F le kg), il fut payé 80 à 90 F le quintal en 1993 jusqu'à tomber à 70 F. Je ne sache pas qu'une seule fois durant les années 90 le prix de la baguette ait baissé !…
Il n'a pas non plus baissé depuis, et comme pour d'autres produits courants mais avec le fait qu'on était au-dessous de l'Euro la baguette, donc en "centimes" difficilement "appréciables" mentalement et rapidement, le passage à l'Euro permit d'entamer une progression du prix de la baguette (du pain en général) d'autant plus insidieuse que les produits étaient diversifiés sous forme de "banettes", "campaillettes", baguettes "baguépi", etc, etc. Un argument professionnel parfois développé pour expliquer que la baisse du prix du blé n'avait que peu d'influence sur les coûts de fabrication du pain était que la matière première n'en représentait qu'environ 5 %.
Évidemment, le consommateur averti, reprenant un tel argument, rétorquera à son boulanger qu'il ne peut pas exciper de l'augmentation actuelle du prix du blé pour justifier l'augmentation du prix de la baguette. Ces réflexions sont miennes mais étaient aussi développées par les participants à l'émission. Allez ! admettons entre 5 et 10 % la part du coût du blé répercutée sur le prix de la farine livrée aux boulangers… Mais, l'énergie, les loyers, les charges salariales, les assurances… Certes ! Néanmoins, n'y eut-il pas le témoignage d'un artisan-boulanger parisien qui expliqua que, plutôt que de voir sa clientèle (fidélisée par la qualité et l'accueil) le délaisser et d'avoir à "mettre la clef sous le paillasson", il préférait "rogner sur ses marges et accepter une baisse de son revenu" ?
En second, toujours sur les problèmes des coûts à la consommation, le Secrétaire d'État est tout heureux de revenir sur la position récemment prise par son Président de répercuter sur les prix à la consommation la baisse obtenue en amont par les centrales d'achat de la grande distribution sous la forme des "marges arrières". Cela revient à s'asseoir sur la loi Galland et à vendre en bout de circuit un produit moins cher que son prix départ de chez le producteur. " Le consommateur est gagnant ". Certes ! Encore qu'il ne connaisse pas sur l'étiquette le prix d'achat réel payé par le distributeur… Cette mesure est électorale… Est-elle équitable ?
Non ! Car on ne supprime pas ces marges arrières, véritable "taxation" imposée par le distributeur (via sa centrale d'achat) soit au producteur, soit à l'industriel agro-alimentaire qui la répercutera sur son achat au producteur. Bref : le producteur "l'a dans l'os". L'une des raisons de l'organisation "capitalistique" des coopératives et groupes coopératifs agricoles réside dans la nécessité d'être "costauds" face à cette grande distribution ou face à l'industrie agro-alimentaire. Jusqu'à constituer, au nom des producteurs de base, des groupes industriels, autres géants de l'agro-alimentaire. C'est le cas en laiterie-fromagerie, c'est le cas avec les oléagineux… L'organisation des producteurs de fruits en "Grands bassins de production" répond en partie à cette nécessité… Dans de tels groupes coopératifs, la voix de petits producteurs se perd… alors qu'à l'origine, la coopération agricole c'était " un homme, une voix ".
Le troisième point, intié par le débat sur le coût du logement et en particulier de l'accès au locatif pour des jeunes en premier emploi ou pour des retours à l'emploi, concerne le "service de la caution". Monsieur Luc Chatel nous a expliqué qu'avec Christine Boutin le projet se façonnait d'organiser un tel service. Avant d'être désignée candidate "officielle" du PS, du PRG et du MRC, Ségolène Royal était attachée à cette idée d'un " service public de la caution ", projet qui a été accroché au Pacte présidentiel de la candidate d'autant plus facilement qu'il figurait aussi dans le Projet socialiste.
Morales : (1) Sarko pique des idées à la gauche : tant mieux pour ceux qui en bénéficieront. (2) Qui a dit que Ségolène Royal n'avait pas de programme ?
Ah ! Vous renaclez ? Bien ! Alors, un autre exemple : dans le même débat, Luc Chatel annonce qu'avec Rachida Dati va être mis en chantier un texte permettant les "actions de groupe". C'est à dire la possibilité pour des usagers, des consommateurs (des contribuables ?) de saisir la justice non pas individuellement mais selon le principe anglo-saxon des "class action", c'est à dire d'un certain nombre, élevé, de pétitionnaires. Cela permet d'envisager au plan judiciaire un "lobbying" des particuliers aussi puissant que celui d'un organisme économique ou d'une institution. Eh bien, je me souviens en septembre 2006 d'une discussion lors d'une émission sur France-Inter, ou peut-être Europe 1, d'auditeurs avec des représentants de consommateurs et un ou une juriste, consécutive à une proposition de la possible candidate Ségolène Royal allant dans ce sens. Il y a un an ! Elle n'avait pas de programme… pourtant !
Le pouvoir actuel semble là encore phagocyter un morceau du corpus programmatique d'une candidate sans propositions claires !!!
27.09.2007
Dans ce blog, j'ai souvent eu l'occasion de rappeler, graphiques à l'appui, l'évolution de " la dette ", qui a commencé à se gonfler sous Balladur en 1993 (Sarkozy au Budget), a été stabilisée (en % du PIB, c.à.d. que les deux variables sont la dette elle-même et la croissance donc le PIB) sous Jospin (Strauss-Kahn à Bercy, suivi de Fabius), est repartie sous Raffarin (y compris avec Sarkozy à Bercy).
Dominique de Villepin ne cesse en ce moment de dire qu'il a commencé à assainir la situation, ce n'est pas faux, le graphique suivant le montre. En revanche, le "paquet fiscal", les comités Théodule et commissions diverses, et d'autres dépenses de l'État vont plomber la situation...
Les exécutifs RPR puis UMP, ceux auxquels un Sarkozy et un Fillon ont collaboré, ont mal géré, gèrent mal. Et on s'enfonce encore plus... Quand François Fillon se lamente depuis la Corse : qu'il se lamente sur leur propre politique, sur leur mauvaise gestion, sur leur incapacité d'accompagner un mouvement de réduction du chômage à défaut de regain de croissance.
Qu'ils arrêtent de nous bourrer le mou ! Qu'ils arrêtent de prendre nos concitoyens pour des billes ! La " com ", ça ne marchera plus longtemps...
Le graphique qui suit n'est pas issu d'une publication gauchisante, ne provient même pas de Libé ou du Monde, mais tout simplement d'un quotidien dont on ne peut pas dire qu'il flirte avec l'opposition : Sud-Ouest, du mercredi 26 septembre 2007. Regardez : Jospin, emballement Raffarin (à/c 2002), action de Villepin, puis (prévisions) arrivée du grand prometteur aux nantis, ex maire de Neuilly, plusieurs fois ministre depuis 14 ans...
Et vu la croissance à 2 % et moins, imaginez ce que devient la dette...
Nous sommes le 6 janvier 2012 (note retard !!!)
La discussion sous la note précédente pourrait se poursuivre car, au-delà du seul problème posé de la création d'une "TVA sociale" (en fait troisième plan d'austérité proposé par le tandem Sarkozy-Fillon), c'est toute la question de notre appareil de production (désindustrialisation de la France, délocalisations et des choix de Pouvoirs Publics, y compris et en particulier des collectivités territoriales... non encore amputées de leurs compétences par l'application de la "réforme territoriale" telle que voulue par Nicolas Sarkozy) qui est posée.
Les exemples ne manquent pas d'entreprises faisant le choix courageux, à terme payant, de produire en France et d'employer de la main d'œuvre qualifiée en en payant le prix.
Au passage, notons que, refusant des cessations d'activité, par exemple sur retrait d'un fonds de pension anglo-saxon, voire sur des liquidations liées à la délocalisation de leur entreprise, des salariés, cadres et ouvriers, par le truchement d'une SCOP (oubliez l'artéfact gouvernemental concernant SeaFrance !) pour laquelle un Conseil général peut donner le coup de pouce nécessaire, à défaut de la compréhension des banques...
J'ai trouvé intéressant ce témoignage ce matin dans Sud-Ouest quant au choix volontariste d'une entreprise locale :
Lectra préfère produire en Gironde plutôt qu'en Chine
L'entreprise, dont les effectifs se sont accrus l'an dernier, n'a pas délocalisé en Chine, et affirme s'en porter très bien.
Laurence Jacquot, directrice industrielle de Lectra, montrant hier une machine à Alain Rousset. (Photo Thierry David)
Ce n'est pas par hasard qu'Alain Rousset, en charge de la production dans l'équipe de François Hollande a rendu visite à Lectra. L'histoire récente de l'entreprise, employant quelque 1 400 personnes à travers le monde dont 550 sur son site de Cestas, montre qu'il est en effet possible de rester au premier rang mondial de sa spécialité sans pour autant cesser de produire - et de chercher - en France.
Une longue étude
Lectra, est spécialisée dans les logiciels et les machines de découpe destinés aux industries utilisant des matériaux souples (tissus, plastiques, cuirs, etc.). L'industrie mondiale du prêt-à-porter constitue son premier marché, mais la société a réalisé ces dernières années une percée foudroyante dans le monde de l'automobile (découpe de tissus pour les sièges, airbags, etc.).
Le groupe américain Gerber, son principal concurrent, a décidé pendant la décennie 2000, de délocaliser en Chine l'essentiel de sa production et de sa recherche-développement. Comme l'a rappelé hier son président André Harari, Lectra a été tentée de suivre la même voie. Et l'entreprise a lancé sur ce thème une étude qui a duré 18 mois.
Innover pour rester
À la fin de cette période, les dirigeants ont décidé de ne pas suivre l'exemple de leur concurrent, et de maintenir à Cestas, les équipes en charge de la conception, du développement et de la fabrication des matériels et des logiciels. L'étude a en effet montré que si la migration en Chine aurait bien sûr permis de réduire certains coûts, elle en aurait alourdi d'autres. Et comme l'a souligné André Harari, l'énergie déployée pour ce déménagement aurait été perdue pour le développement de nouveaux produits.
Pour mieux conforter sa présence en France, Lectra s'est efforcée de réduire ses coûts de production d'environ 20 %, d'augmenter ses marges, et de renouveler son offre. Pour le moment, le pari semble gagné. Après avoir subi le choc de la crise financière 2008-2009, elle est redevenue très largement bénéficiaire. Elle a recommencé à embaucher, son site de Cestas ayant gagné l'an dernier une quarantaine d'emplois nets.
Au cours de sa visite, Alain Rousset a pu faire plus ample connaissance avec quelques produits récents de la maison. Ainsi la machine Versalis, permet-elle de découper le cuir avec un rythme et une efficacité sans précédent. C'est en restant ainsi à la pointe de l'innovation que Lectra, dont les réseaux de commercialisation couvrent le monde entier, peut croître et prospérer à Cestas.
B. B.
- Gironde · Alain Rousset · Cestas · emploi · François Hollande
De la même manière, les rapports "nord-sud" peuvent, via des ONG, via des programmes européens, mais aussi par la volonté de Conseils régionaux en France, engager des actions de partenariat et de transfert de technologie, créatrices de richesses, d'emplois, de bien-être et -en même temps- d'activité sur notre territoire. En voici un exemple (qui me ramène cinq ans et quelques semaines en arrière lorsque nous animions des "forums participatifs" sur l'environnement et sur le codéveloppement, ce dernier thème étant cher à la candidate Ségolène Royal) :
POITOU CHARENTES ET FATICK (SÉNÉGAL): UNE COOPÉRATION EXEMPLAIRE QUI A PERMIS LA CRÉATION DE 1 500 EMPLOIS
Ségolène Royal, Présidente de la Région Poitou-Charentes et une délégation d’agriculteurs composée de deux Vice-Présidents de la Région, Benoît Biteau et Serge Morin, en charge des questions agricoles, de Colette Balland, ancienne Conseillère Régionale, et de Michelle Georges, responsable d’Accueil Paysan et de la filière caprine, se rendent à Fatick pour inaugurer la première foire agricole.
C’est l’aboutissement de quatre années de travail et d’un partenariat entre les agriculteurs des deux Régions.
Des actions de coopération décentralisée très originales ont été mises en place et ont rencontré un grand succès avec plus de 1 500 entreprises qui ont été créées permettant de faire vivre leur famille et leur entourage de leur travail.
Les paysans de la Région Poitou-Charentes ont apporté leurs savoir-faire en matière d’élevage et de fabrication de fromages de chèvres. Le succès est tel que les producteurs ne peuvent pas répondre à l’ensemble de la demande. Cette activité a permis de structurer une activité économique localement sur la Région de Fatick.
Ces actions permettent une empreinte écologique bénéfique pour l’environnement avec l’utilisation systématique des énergies renouvelables grâce au transfert de technologies.
En contre-partie les éleveurs de la Région de Fatick ont apporté beaucoup sur les techniques d’élevage en période de sécheresse.
Cette coopération décentralisée s’est construite dans un esprit participatif, gagnant-gagnant. Elle s’est construite en circuit court sans intermédiaires bureaucratiques, mais par des contacts directs entre agriculteurs, éleveurs et techniciens agricoles des deux pays, par la volonté des deux Régions et de Ségolène Royal qui souhaite qu’un euro engagé soit un euro utile.
C’est l’exigence de ce que pourrait être une vrai politique de coopération efficace et garantissant la prise en compte des savoir-faire locaux en assurant un progrès sur les territoires apparaissant pauvres alors que tant de richesses humaines ne demandent qu’à se traduire en projets.
Il est évident que dans cette crise mondiale, on s’en sortira les uns avec les autres et pas les uns contre les autres.
Une coopération exemplaire sur la souveraineté alimentaire :
La Région Poitou-Charentes a développé la notion de souveraineté alimentaire avec une valorisation des productions locales : activités de maraîchage et d’élevage, autour de la production de viande, de lait et transformation fromagère, ce qui a permis à plus de 1 000 familles d’éleveurs de vivre dignement, de structurer une filière économique et de fournir de la nourriture à leur entourage.
Ségolène Royal visitera, notamment, la ferme-école de Kaydara qui développe le maraîchage bio et l’agroforesterie et installe de futurs producteurs, et la fromagerie de Djilor.
Une coopération exemplaire sur l’énergie solaire :
La Région Poitou-Charentes et la Région de Fatick ont participé au développement de foyers améliorés afin de réduire de 80% la consommation en bois et de participer ainsi à la lutte contre la déforestation. Un programme de développement des énergies solaires a également été mis en place et a permis d’électrifier des villages devenus autonomes en énergie. Ségolène Royal et les élus régionaux visiteront les villages de Diouroup et Djilor qui sont autonomes en énergie.
Une coopération exemplaire sur l’économie locale et le développement :
La Région de Fatick a mis en oeuvre des bourses tremplins pour les jeunes créateurs d’entreprises à l’image de l’initiative qui avait été mise en œuvre par la Présidente de la Région Poitou-Charentes dans sa région. Ce dispositif a connu le même succès à Fatick qu’en Poitou-Charentes avec la création de 540 entreprises : coiffeurs, couturières, Cyber Café, forgerons, fabricants de charrettes …
La Présidente de la Région Poitou-Charentes et les élus régionaux rendront visite à un maraîcher à Djilor et à une couturière à Fatick.
Ces actions ont notamment donné lieu à un développement de l’éco-tourisme avec Accueil paysan qui va permettre de labelliser une quinzaine de lieux d’hébergement sur la Région de Fatick et qui seront référencés pour la première fois en 2012 dans le guide français Accueil paysan.
Avant de partir dans la Région de Fatick, Ségolène Royal rencontre les milieux culturels et notamment Youssou N’Dour.
Il est évident que dans cette crise mondiale, on s’en sortira les uns avec les autres et pas les uns contre les autres.
L’ Equipe de Ségolène Royal
Nous sommes le 5 janvier 2012 (note retard !!!)
Je reprends une de mes antiennes... qui, à travers une "variation" sur l'oxymoron que représente un renchérissement du coût de la vie appelé "social", avait (a toujours, c'est ci-dessous) en outre posé un vrai problème de relation [ population "active" (employable... si l'on veut) - productivité machine - nombre de postes d'emploi humain possible ]
Je la reprends car s'est développée entre temps, un jour de Conseil des Ministres, une polémique à partir d'une conversation du candidat F. Hollande avec des journalistes (off ou pas off, peu importe), qui a vu monter au créneau, imprudemment, la garde rapprochée du candidat (non déclaré mais bien en campagne depuis plusieurs semaines) présidentiel sortant et l'État-Major de l'UMP... sans aucune vérification préalable des sources et de la réalité des faits et dires attaqués. Je vais y revenir.
-1- La TVA "sociale".
Je progresse dans la destruction de ce blog, non que je souhaite faire plaisir à quelques personnages confondant débat d'idées et flingages des personnes (quand j'écris flingage, j'édulcore la réalité), mais comme suite à l'opération entamée l'an passé, c'est-à-dire il y a quelques jours, suite aux immondices déposés chez moi et s'entassant ailleurs, là où -par un jeu pervers- on croit pouvoir blesser en toute quiétude...
Mais cette fois-ci, je suis parti des débuts : 2006 est donc parti en fumées virtuelles. Et j'ai entrepris de parcourir et trier 2007.
Or, il est un post que j'ai retrouvé avec un certain plaisir, ne serait-ce que celui de l'à-propos.
Je m'explique. Un débat, salutaire, s'est instauré sur une augmentation de la TVA, notamment concernant les marchandises et consommables importés, donc une augmentation du coût de la vie pour les plus démunis, pour les précaires, pour les petits retraités, pour les bas salaires... entre autres.
Le débat porte aussi sur cette contradiction entre "atteinte au pouvoir d'achat par une taxe" et "social" implicite dans le mot TVA SOCIALE. Un oxymoron...
Il porte aussi sur cette tendance à toujours vouloir établir une comparaison avec l'Allemagne où, une telle TVA a été augmentée il y a quelque temps... sans que cela ait entraîné un quelconque mouvement social. En oubliant simplement de dire quels sont, quels étaient, au départ et par comparaison les taux de TVA pratiqués par nos deux pays...
D'accord : il s'agit de reverser la manne fiscale récoltée dans le flux des abondements aux fonds sociaux. D'où ce qualificatif de "sociale" accolé à TVA. Madame Morano nous a expliqué, hier soir sur France 3, ce matin sur France-Inter, qu'il ne s'agit que de transférer à la consommation, entre autres à l'achat de produits et marchandises issus des productions délocalisées, les ponctions faites sur les salaires, donc sur le travail et les entreprises.
Mais, Madame, tout le monde est d'accord pour que le travail ne soit plus une vache-à-lait fiscale en France, la seule en fiscalité directe sur les REVENUS en même temps que le seul pourvoyeur de fonds sociaux, et qu'enfin... la "productivité machines" (accrue et concurrente directe locale de l'EMPLOI), les mouvements de capitaux, les transactions financières (spéculatives a fortiori) soient enfin ponctionnés et contribuent à la SOLIDARITÉ NATIONALE. Mais ce n'est pas ce qu'en a dit et ce que veut en faire votre patron, candidat effectif mais non déclaré, à la prochaine élection présidentielle[*]...
Ce à quoi il est indispensable d'ajouter (et cela vaudra pour toute réflexion sur la fiscalité et la justice fiscale) : la population de l'hexagone s'accroît (65 millions nous annonce-t-on cette semaine ; nous étion 40 millions quand j'avais dix ans), l'espérance de vie s'est accrue, la productivité s'accroît -et la France est même le pays de l'OCDE ayant la meilleure productivité/emploi salarié- l'automatisation des tâches gagne du terrain du fait d'une excellent productivité horaire garantie : c'est à dire qu'irrémédiablement le nombre d'emplois humains doit diminuer alors que la population en âge de travailler augmentera dans les années à venir. Une réflexion sur la valeur travail devient indispensable, préalable à tout vrai programme prospectif concernant... l'emploi (et la réduction indispensable du "chômage")...
Bref, nous somme là dans l'oxymoron. Ce que voulant exprimer ici, j'ai soudain eu souvenance d'un post, quelque part, où je dissertais sur un autre oxymoron, passé depuis belle lurette dans le langage courant, dans les agendas 21, dans tous les projet et plans d'urbanisme, dans la Loi même depuis les "Grenelle" 1 et 2 de l'environnement : le DÉVELOPPEMENT DURABLE.
Voir plus bas en -3-
-2- Sale mec.
A un blogueur chez lequel je vais de temps à autre, notamment pour y porter la contradiction, et qui ce matin poste sur les écarts de langage de Nadine Morano, je suis allé commenter non sur N. Morano (qui fut souvent l'objet de post ici même, mais ce blog étant en voie progressive de destruction, le tag Morano s'affaiblit...), j'écrivais ceci il y a une petite heure :
Extrait d'un article de Le Monde :
"Tout est fait à la demande du président. Nous sommes missionnés par Nicolas Sarkozy pour taper sur François Hollande, explique un ministre. Le but est de l'affaiblir avant que M. Sarkozy se déclare." Outre la cellule "riposte", composée d'une quinzaine de députés et de ministres et conduite par Jean-François Copé et Brice Hortefeux qui se réunit le mardi ou le mercredi, plusieurs dispositifs ont été mis au point pour, selon les termes de M. Copé, "ne rien laisser passer".
L'Elysée et l'UMP centralisent les listes des invités des matinales des radios et chacun reçoit par téléphone les consignes sur les différents sujets d'actualité. "La plupart du temps, ce n'est pas la peine de les appeler, ils téléphonent d'eux-mêmes pour se coordonner", assure un cadre du parti majoritaire. Exit les "éléments de langage" écrits noir sur blanc. "Nous voulons éviter les fuites à la presse", poursuit le même dirigeant. Tout se passe donc par oral ou parfois par textos.
HARMONISER LES ANGLES D'ATTAQUE
Trois hommes clés, bien que peu connus du grand public, sont à la manœuvre pour rameuter les troupes comme dans le cas de la réaction au "sale mec" : Jérôme Lavrilleux, bras droit de M. Copé, Geoffroy Didier, celui de M. Hortefeux et Olivier Biancarelli, conseiller parlementaire du président à l'Elysée. Ce sont eux qui battent le rappel et téléphonent aux ministres et parlementaires pour harmoniser les angles d'attaques.
Quand l'affaire est jugée "importante", comme ce fut le cas mercredi, MM. Copé et Hortefeux décrochent eux-mêmes leur téléphone. Mercredi, la communication a été facilitée par la tenue d'un bureau politique à 8 h 30 au siège de l'UMP où la centaine de cadres présents a eu tout le loisir d'enregistrer le message de la direction du parti.
"Pour tous ceux qui auront l'occasion de parler à la presse, vous pouvez y aller gaiement", a enjoint M. Copé à ses troupes. "On a été assez efficace", constate M. Hortefeux. Pourtant, les pilotes de la cellule "riposte" planchent encore sur des améliorations de leur dispositif. Lundi, ils se réuniront pour "passer à la vitesse supérieure dès la semaine prochaine", selon l'un d'entre eux.
Vanessa Schneider
Nadine Morano est bien en service commandé, et son ton bravache permet de dire des choses que les gens plus policés ne font que suggérer.
Cela dit, relire la phrase exacte de F. Hollande telle que les journalistes présents l'ont depuis restituée, y compris celui de Le Parisien par l'imprudent titre d'article duquel l'affaire a démarré : il ne s'agit absolument pas d'un propos de fin de repas arrosé, ni d'une des plaisanteries dont Hollande est facilement coutumier, mais d'un simulation discursive, un propos à prêter à l'inconscient du président sortant. Effectivement, l'expression "sale type" peut tout de même être considérée comme provocatrice, elle n'est pas, elle n'est surtout pas, une injure dans ce contexte. La garde présidentielle et l'EM uhèmepiste se sont un peu vite affolés...
NB - Je remercie au passage un commentateur qui a relevé, sur le blog où j'avais déposé ce commentaire, l'erreur que j'ai commise ce matin, à savoir tirer et écrire sale "type" au lieu de sale "mec". Dont acte : j'ai rectifié.
-3- Développement durable (retour à l'oxymoron).
Nous l'avons intégré et accepté dans la mesure où "durable" (la durabilité), en fait la viabilité, l'acceptable, le supportable pour la planète... peut affecter chacune de ses composantes économiques : une agriculture durable, un appareil durable de production industrielle, des pratiques environnementales durables, etc.
Voici ce que j'en disais en janvier 2007 (un mois avant le démarrage réel de la campagne présidentielle de la candidate PS-MRC-PRG) :
18.01.2007
Mis à part quelques rares instants de détente, ce fut le cas avant-hier en effectuant un certain demi-tour gauche, le présent blog est généralement fait de commentaires politiques et de réactions à des informations et articles, y compris par des média en ligne... Il est des sujets plus difficiles à mettre en forme sans tomber dans le scientisme ou le technocratisme ; c'est le cas de l'environnement. C'est aussi celui du développement durable. Visitant le blog d'une élue bordelaise, chirurgien humaniste et militante ardente (Michèle Delaunay), je "tombai" en arrêt sur sa chronique du 15 janvier, en raison notamment de l'emploi répété de cette expression "développement durable". Et j'eus alors en tête "un commentaire"... que je m'empressai de lui soumettre.
Aussi, sans enfreindre le "copyright" (et je pense qu'elle ne s'offusquera pas de cet emprunt), je transpose ci-dessous ce commentaire :
Chère Michèle,
Vous relevez fort opportunément cette expression "développement durable", que d'aucuns un peu pointilleux baptiseraient oxymoron (ou oxymore) tant peuvent sembler antinomiques la croissance que sous-tend le mot développement et la durabilité. Vous me direz qu'en matière d'oxymorons, nous sommes actuellement servis. Par exemple, dixit l'autoproclamé candidat UMP, maintenant sacré et consacré candidat unique de l'UMP : la rupture douce. Remarquez, on nous a bien avancé ici ou là que l'ordre juste était un oxymoron : pas de douceur s'il y a rigueur !... Pour moi, s'il fallait s'avancer dans la critique sémantique, l'ordre juste serait plutôt un truisme car qui peut, au contraire, désirer un ordre injuste ? Tendons donc vers ce truisme (avec ségolène, bien sûr !). Mais mon propos n'est pas là.
Il s'agit du développement qui serait, par ses conséquences, supportable à nos petits enfants (les nôtres et ceux du reste de l'humanité). Autrement dit faisant que leurs besoins vitaux ainsi qu'un minimum de confort seront assurés sans que leur environnement naturel, social et culturel en souffre...
Comme vous le rappelez fort justement "soutenable" parce que sustainable chez les Anglo-Saxons. En réalité développement viable (ce n'est pas de moi mais de J-M.Harribey). En fait l'expression est équivoque : ce développement est une notion "libérale", et le qualificatif "durable" en fait la caution disons morale de la poursuite de l'enrichissement d'une partie de l'humanité (et tant pis pour les autres ?), la bonne conscience de la technostructure...
Et l'on comprend dès lors bien mieux l'évolution du questionnement de Ségolène Royal : environnement et développement durable ==> environnement et co-développement.
Vous me direz : " Caquedrole" vous êtes verbeux... et loin de ma relation des mesures de durabilité annoncées par M. Juppé ". Oh que non ! C'est ce Monsieur qui dans 3 semaines va présider la grande conférence sur l'environnement et... le développement durable !...
Pour la "vérité historique" (!) j'ai reçu depuis un mot de complicité de Michèle Delaunay.
Mais, avant d'entreprendre toute démarche concernant ce "développement durable", il est nécessaire de disserter sur sa signification. le faire de but en blanc vous infligerait une lecture ennuyeuse. Le blog de Michèle Delaunay m'a permis de saisir une occasion et de retrouver un ton presque polémique... vis à vis du libéralisme. Un ami militant disait récemment lors d'un forum participatif sur ce sujet : " en écologie, les solutions sont différentes selon qu’on est de gauche ou de droite ".
[*] Vous me direz qu'il voulait déjà le faire il y a cinq ans, l'idée n'est pas nouvelle donc. Il ne l'a pas fait, il doit bien y avoir une ou des raisons, non ?